Holidays

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Et voilà on y est... départ samedi, direction le sud pour quinze jours de dépaysement :)

Bon courage à ceux qui restent et qui n'ont pas encore de repos :)

# Posté le jeudi 12 juin 2008 11:43

Mes regrets

Mon très cher fils,


Lorsque tu te feras lire cette lettre, je serai déjà en route vers la mort. Il faudra que ta mère se plie à mon souhait car tu vis encore dans son ventre. Ce n'est pas plus mal, mon ange, car tu ne verras rien de ce qui va se passer. Rien du tout. Peut-être que cela te sera moins effrayant ou alors, peut-être que dans le noir...Tuentendras ta mère crier et j'espère qu'elle ne souffrira pas trop.
J'aurais aimé t'écrire une lettre bien plus joyeuse que celle-ci pour t'accueillir sereinement dans ce monde qui est aussi beau que moche. J'aurais aimé te montrer des merveilles, te faire entendre le chant des oiseaux, comme tout cela peut être si magnifique et émouvant lorsque l'on sait aimer. Le monde dans lequel nous vivons est tellement précieux mais je n'ai plus le temps de te le prouver. J'aimerais tant m'imaginer te soulever et t'étreindre, que je te dise que tu es aussi resplendissant que le soleil, aussi beau qu'un ange, aussi précieux que le plus grand des trésors. Je voudrais tant te dire que c'est si beau d'aimer, que tu saches qu'il y aura toujours tes parents pour le faire si le reste du monde est contre toi. Mais tout ça, je ne peux pas, je n'ai pas le temps.
Je regrette de ne pas avoir pu t'écrire le plus beau des poèmes, de ne plus être là pour te voir arriver en ce monde et contempler ton sourire qui en dit long sur ta pureté. Te montrer que moi, ton papa, je te donne mon amour à l'infini, que je mourrais pour toi s'il le fallait. Je pleure à l'idée que je ne serai pas là pour sécher tes premiers sanglots, calmer tes peurs et te protéger afin que tu t'endormes vers le merveilleux pays des songes.
Je suis plein de honte à l'idée que tu pourrais penser dans ta tête de petit bébé que Papa n'est pas un fort et a laissé faire tout cela. Sache, mon fils, que j'ai fait ce que j'ai pu, peut-être que tu ne m'en voudras pas, qui sait... Je n'ai rien pu faire, ce monde est terminé. Rien que pour tout l'amour que je m'imaginais avoir à ton égard, je me disais que rien n'est impossible, que je pouvais soulever des montagnes afin de changer tout ça. Rien qu'en te voyant sourire. Je comprendrais que tu ne me pardonnes pas, dans cette vie ou dans l'autre, parce que nous nous reverrons. Il va falloir être très fort, mon bébé car ce qui va se passer va être terrible.
J'espère que ta maman ne m'en voudra pas de n'avoir pu empêcher le lâcher de cette bombe nucléaire qui ne va pas tarder à s'abattre sur nos vies, balayer nos corps et nos âmes en un rien de temps. J'ai envoyé cette lettre l'avant-veille afin d'espérer qu'elle te parvienne à temps, juste assez pour la lire avant que ce drame ne survienne, à midi et zéro minutes. Quant à moi, j'aurai été exécuté pour rébellion et on m'aura laissé le temps de griffonner ces quelques lignes afin de m'excuser de ce que je suis.
J'aurais tant aimé t'aimer, j'aurais tant aimé te montrer qu'il y a du bien malgré le mal, j'aurais aimé que tu aies pu aimer au moins une fois. J'aurais aimé tant de choses, tu sais.


Et j'aimerais que malgré tout cela, tu m'aimes.
Je t'embrasse fort, toi mon fils.
Ton père qui t'adore fort.




# Posté le vendredi 11 juillet 2008 05:54

HOTEL


Trente-trois degrés, par une après-midi d'été. Le rayon de soleil caressant la peau nue à travers la vitre d'une voiture.
Le hall d'hôtel, plongé dans l'ombre, frais, froid. Bon standing. Tu n'accepterais pas n'importe quoi, même s'il était vraiment ton amant, pressés par l'urgence de l'envie...
La standardiste lui tend les clés, cet homme les prend en souriant, tu le suis tandis qu'il monte l'escalier menant à la chambre. Tu ne sais pas si l'employée a deviné vos intentions, mais tu supposes que cela lui a traversé la tête. C'est excitant, n'est-ce pas ? Un bon stimulant pour le désir.

La chambre, impersonnelle. Tu y entres après lui, tu fermes la porte, fais claquer le verrou. L'homme s'allonge sur le lit, en attente. Ton homme... Tu le rejoins. D'humeur rieuse, ce garçon te dit « et si on ne faisait rien ? », tu t'assois sur lui, saisis son tee-shirt et le ramène vers toi en tirant dessus. Son sourire s'élargit tandis que tu lui rétorques ; « t'as intérêt à assurer... ».
Ton amoureux te déshabille, tu le dévêtis et bientôt, vos vêtements jonchent le sol un peu partout tandis qu'il te prend énergiquement. Qu'il est dur de ne pas crier, je me trompe ? D'ailleurs, tu crois percevoir un lointain gémissement, comme si vous n'étiez pas les seuls à avoir eus cette idée.

Lui, étendu sur le dos et toi, dans ses bras, tu fermes les yeux et te laisses aller à la détente de la jouissance, à la sensation de brûlure laissée par cet acte sauvage. Tu sens cet arôme si particulier, ce musc dégagé par le frottement des sexes et des corps.

Quant à moi, je me lève de ce fauteuil dans lequel je me faisais oublier, depuis tout à l'heure. Il n'y a plus rien à voir, mais ce spectacle m'a divertie.

Je prends la porte en laissant ce couple se remettre de leurs ébats diurnes.



# Posté le jeudi 04 septembre 2008 07:07