INTERVIEW !

Interview réalisée entre janvier et mars 2008.

Un grand merci à Nadine Crow, Junoli, Bernadette Stalder, Emotional-Retard, Sakuiya, Amandine D, Appelle moi June, Sabrina Serra, Christine Casuso, Stef et Drugstar d'avoir accepté de répondre à mes questions. D'autres réponses seront prochainement ajoutées.

--> Pouvez vous nous expliquer en quoi consiste ce livre ?

Stef : A travers ce livre, on a voulu leur rendre hommage, pour leur carrière, pour ce qu'ils représentent, parce qu'on les aime aussi !

Nadine Crow : Indochine poussant pas mal de fans à créer leur Indochine à eux, j'ai pas eu grand mal à trouver des gens aussi dingues que moi pour se lancer dans cette expérience. Le pari était d'y arriver et de montrer ce dont on a été capables. De montrer que les styles peuvent se regrouper, former de petits mondes à l'image de leurs auteurs, de leur personnalité.
Il paraît qu'on ne s'ennuie pas tellement c'est diversifié.

Junoli :Ce livre illustre ce que chaque fan vit sous l'influence d'Indochine. C'est aussi notre propre moyen de montrer à Indochine et aux autres ce qu'ils sont réellement pour nous, ce qu'ils nous ont apportés. Chaque fan a son propre talent, selon moi, et le fait d'écrire des poèmes, textes est un moyen fort fantastique pour prouver à Indochine que notre vie ne dépend que d'Indo. Il est vrai que pour notre entourage, personne n'y croit et nous mettent dans la tête que c'est qu'un passage adolescent et qu'on oubliera. Ce livre nous prouve donc bien le contraire. Indochine, à la vie comme à la mort !

Bernadette Stalder :Dans ce livre tous les genres sont représentés et c'est justement ce qui est intéressant, de voir comment chacun a ressenti le groupe. Les écrits sont différents et démontrent la sensibilité de chaque auteur. En ce qui me concerne, j'avais trop envie d'entraîner Nicola dans ma forêt magique (rires).

Emotional-Retard :Montrer ce que nous sommes capable d'écrire, d'inventer, de créer grâce à Indochine et donc en même temps montrer cette influence qu'ils peuvent exercer sur chacun de nous par leurs textes et leurs musiques. Et pour moi ça a été l'occasion de voir de quoi j'étais capable avec un but bien précis.

Sakuiya : Pour moi le livre consistait à faire partager tout ce qu'Indochine est pour nous, ce qu'ils représentent pour nous tous les jours. Mais avant tout une nouvelle façon de partager.

Amandine D. : Ce livre pour moi, était l'idée du siècle. Il consistait à montrer ce qu'Indochine nous inspirait. Pour ma part, c'était très réussi.
Nous partageons notre amour pour ce groupe...

Appelle-moi June : Ce livre est une bonne façon de faire comprendre à plein de personnes ce qu'Indochine représente pour nous mais aussi beaucoup d'autres fans car chaque style est différent, chaque auteur faisant passer des émotions très différentes d'un texte à l'autre, et je trouve que chacun peut s'identifier à un texte en particulier.
Pour ma part, ma nouvelle ne reflète pas totalement ce que je ressens pour Indochine, j'ai plutôt voulu imaginer ce que peuvent ressentir d'autre fans car ce qui fait la beauté d'Indochine c'est que chaque fan s'est construit son « Indochine », son univers rempli de sentiments bien distincts.

Sabrina Serra : C'est une façon d'exprimer nos sentiments envers Indochine. Quand j'ai écrit Just My Paradize par exemple, j'ai essayé d'expliquer comme je pouvais ce que je vis avec Indo, comment je me sens dans cet univers même si c'est parfois très dur à décrire avec des simples mots...C'est une façon de les remercier et de leur montrer combien on les aime...Et pour reprendre ce qui a déjà été dit, c'est aussi une manière de se servir de l'inspiration qu'Indo nous donne, de prendre toutes ces émotions, toutes ces idées qui nous viennent lorsque l'on écoute Indo et d'en faire quelque chose.

Christine Casuso : Il fallait mettre en scène un ou plusieurs membres du groupe d'Indochine. Je dois dire que je me suis beaucoup amusée en plongeant Indo dans mon univers fantastique complètement déjanté. Mais ce n'est pas spécialement un livre pour Indochine, contrairement à ce que l'on pourrait croire, les Indo sont juste les sujets de chaque histoire.

Drugstar : Je pense que ce livre montre plusieurs manières d'être en étant fan d'Indochine même si au fond ça reste un stéréotype et de l'imaginaire, je pense que sur certains points on a laissé parler nos fantasmes. De plus c'est un moyen comme un autre de dire : « On est fan d'Indo !!!»

--> Est-ce que c'est chacune d'entre vous qui avez écrit un texte ? Ou bien avez-vous écrit certains des textes en groupe ?

Nadine Crow : On a toutes écrit chacune de notre côté, moi je faisais les corrections orthographiques en plus car j'avais fini en premier (rires).
On a bien failli avec Sakuiya écrire un truc à deux complètement délirant sur des petits hommes verts et des chats venus de Mars... peut-être qu'on reprendra cette idée un jour...

Junoli : Bien évidemment ! Tout est en solo, et c'est, je trouve, bien plus intéressant et plus fort quand on lit ces textes. Pour ma part, je n'ai pas écrit, mais seulement dessiné, c'est déjà pas mal, et non seulement, j'ai su trouver un titre ! (rires)

Bernadette Stalder :Sans aucune concertation entre nous. Notre travail a été solitaire ce qui nous a permis de laisser aller notre imagination personnelle, de faire vivre des aventures extraordinaires aux membres du groupe Indochine, bien malgré eux (rires).
En ce qui me concerne, un projet est en cours avec l'une des auteurs du livre dans un genre tout à fait différent mais chut ! (rires).

Emotional-Retard : Comme mes deux collègues l'ont dit, tous les textes ont bien sûr été écrits en solo. Mais je rajouterai pour ma part que Nadine crow m'a pas mal aidée en me disant si tel ou tel fait de ma nouvelle était bien ou s'il fallait mettre autre chose, et puis pour la correction bien sûr aussi (mais ça elle l'a déjà dit).

Sakuiya : Pour ma part j'ai écrit seule, bien sûr en faisant lire parfois à Nadine pour voir si je restais bien dans le sujet. L'idée d'écrire avec les martiens était super intéressante, mais le temps parfois n'esT pas au rendez-vous, dommage.

Amandine D. : Comme toutes mes collègues, j'ai écrit seule et pour la petite histoire, c'était pendant mon séjour de 2 semaines à Paris cet été, je griffonnais le soir vers 2h du matin car je ne dormais pas.
Je n'ai pas tout copié sur mon ordinateur tout de suite, c'était morceaux par morceaux. A chaque "épisode", j'en envoyais à Nadine pour qu'elle me donne son avis et me dise si je ne partais pas trop dans un délire quelconque.

Appelle-moi June :J'ai écrit seule ma nouvelle, avec juste un peu l'avis de Drugstar pour me lancer, mais après l'inspiration est partie d'un coup ! Par contre je redoutais l'avis de Nadine quand je lui ai envoyé ma nouvelle, mais elle a bien aimé, heureusement !

Sabrina Serra :Personnellement je voudrais remercier Nadine de m'avoir conseillée de rallonger mes nouvelles notamment au niveau des descriptions qui étaient moins longues à la base.

Christine Casuso :Chacune de notre côté. Il était plus intéressant de mêler chaque univers dans le livre, plutôt que dans un texte. Chaque plume a ainsi pu s'exprimer librement.

Stef :Oui, chacune de notre côté, chacune sa personnalité, son univers, mais un même objectif, parler du groupe Indochine.

Drugstar : Comme ça a été dit, on a toutes écrit dans notre coin, même si je les ai fait lire avant à plusieurs personnes car je ne voulais pas rendre quelque chose de complètement impossible à lire. Mas ce fut pour moi un moyen d'aller dans une partie du fanatisme que je n'avais jamais vraiment imaginé.

--> Comment est née cette idée de livre ? Est-ce qu'au départ tous les textes étaient destinés à former ce livre ?

Junoli : Ce livre a grandi petit à petit, en collant des idées de toutes les fans. Je pense que Nadine saura mieux répondre que moi ! ;)

Nadine Crow : Grâce à moi. J'avais écrit une nouvelle qui avait beaucoup plu, on m'avait demandé ce que j'en faisais, au début rien. On m'a dit que c'était dommage de ne rien en faire. J'ai réfléchi, en voyant sur Myspace que pas mal de gens écrivent, là ça a fait « tilt »...
J'ai alors commencé à contacter des gens, ça marchait au coup de c½ur et à l'intuition. La technique j'en avais rien à carrer.

Bernadette Stalder : Avec une grande surprise, on m'a proposé de faire partie de « l'aventure Indofans ». L'idée première vient de Nadine.

Emotional-Retard : Comme la plupart de l'équipe (sans doute même la totalité je pense) c'est Nadine qui m'a demandé si cela m'intéressait d'écrire pour un projet concernant Indochine. Bien évidemment ma réponse était sans appel. Mes textes je les ai donc écrits après que Nadine m'ait contactée, pour que les poèmes soient en rapport avec Indochine. Et en ce qui concerne la nouvelle c'est la première (sans compter celle que j'ai écrite à l'école primaire qui n'avait pas un grand intérêt littéraire ...rires) que j'ai écrite, en rapport avec le groupe et donc spécialement pour ce recueil.

Amandine D. : Je répondrai comme la plupart des mes consoeurs : j'ai commencé à écrire après que Nadine m'ait proposé de participer. Evidemment, j'ai accepté de suite...

Sabrina Serra : Je vais faire le perroquet mais c'est donc effectivement Nadine qui a eu cette bonne idée de projet...
En ce qui concerne les textes, pour ma part il y en avait déjà un (~Les Nuits d'une Fée~) que j'avais commencé en été 2006 et que j'avais publié sur des forums. On m'avait dit que ça ressemblais surtout à une sorte d'introduction, que l'on attendais la suite et j'ai donc noté ces bonnes remarques dans ma tête avec l'idée de le rallonger un jour ou l'autre. Un fois que Nadine m'a proposé de faire partie du projet je me suis dit que c'était la bonne occasion pour finir ce texte et donc c'est ce que j'ai fait. Quand à l'autre il a été fait spécialement pour le livre.

Christine Casuso : C'est Nadine qui me l'a proposé. Au début je n'étais pas partante, car l'idée d'exploiter le nom et l'image d'Indo ne me plaisait pas. Mais lorsque Nadine m'a dit qu'aucun auteur ne se faisait payer à la vente du livre j'ai foncé. L'idée m'a plu et s'était innovant.

Stef : L'idée du livre, c'est Nadine ! Ce n'est pas moi ! Mais j'aurais pu !!!

Drugstar : C'est venu de Nadine, elle m'a recrutée (rire) par le biais d'un forum. Elle m'a exposé son idée, et j'ai accepté même si je dois avouer que je n'imaginais pas que ça allait devenir un livre. Mais bon si je l'avais su plus tôt je crois que je n'aurais pas accepté et je serais passée à coté d'une bien belle aventure.

--> Sur votre Myspace, j'ai lu que vous aviez décidé d'aider l'association Sauvez le Darfour. Dans quelles circonstances ?

Nadine Crow : En fait ça vient de la nouvelle Disneyporn que j'avais écrite. Une critique sociale à un moment, ces gens qui en ont rien à foutre de ce qui se passe là-bas, ça en fait même rire certains. Ces gens-là ce sont mes parents, ou les vôtres, vous en connaissez peut-être...
Après ça, j'ai donc eu cette idée de faire un don à cette association, parce qu'avant j'avais jamais eu cette possibilité, c'était pas du goût de ma famille... chose inutile, vous savez bien que ça n'arrive jamais, les sous...
Au moment où sortait ce livre, éclate l'affaire de l'Arche de Zoé, les gens sont venus nous voir, inquiets qu'on ait voulu donner à une association, peut-être cette association. Y'a fallu rassurer les anxieux.

Christine Casuso :Nadine m'a proposé cette idée. Vu qu'Indochine ne nous a pas empêchées de sortir ce livre et donc autorisées à utiliser leur nom, je trouvais normal d'adhérer à l'une de leur cause humanitaire, la dernière en date étant le Darfour. Nous faisions quelque chose de bien grâce à notre livre, il n'était pas vendu pour rien.

--> Il y'a dans l'équipe une illustratrice. Est-ce que c'est toi qui as trouvé l'idée de la couverture ou bien vous avez toutes participé à son élaboration ?

Junoli :Concernant l'illustration, seule ma main a mis en place cette couverture. Donc, oui, je fus bien seule à vouloir la dessiner. Il me suffit juste d'écouter Indochine pour dessiner cette couverture, et non pas sortir d'une grande école d'Art (rires).

Nadine Crow :Je suis nulle en graphisme, franchement, jamais d'idées. Connaissant Junoli avant cette expérience et ayant fondu pour ses photos et retouches, je lui ai donc proposé de se lâcher sur une couverture. Elle a accepté et le résultat est superbe ! En plus l'aspect dessin ça change, c'est original.

Bernadette Stalder :Nadine et Junoli ont décidé de la couverture. C'est très réussi je trouve.

Sabrina Serra : Je l'aime beaucoup aussi, il y a pleins de détails intrigants sur cette couverture, on voit qu'elle est travaillée et j'aime bien l'ambiance qui s'y dégage.

--> Est-ce que c'est uniquement Indochine qui vous a inspirées ou bien y'a-t-il également d'autres sources d'inspiration ?

Junoli :Pour ma part, Indochine est ma grande source d'inspiration. Mais, exceptionnellement, vu que c'est un recueil 100% Indochine, je ne me suis qu'inspirée que de leurs chansons, oui.

Nadine Crow :Indochine est la source principale, c'est vrai, sinon le livre ne serait pas comme ça. J'écoutais indo non-stop lors de l'écriture de mes nouvelles. Et regardais les journaux télé pour capter tous les malheurs du monde qu'on nous offre à mater bien assis dans le canapé, une 'tite laine chaude sur nous tandis qu'on nous parle du problème de logement des sans-abris. C'est un paradoxe que nous subissons tous au quotidien, on nous l'a appris dès le plus jeune âge. Mais ce qu'on ne nous enlèvera pas, ou peut-être pas maintenant, c'est la sensibilité à tout ceci, ça fait mal... Ainsi est né Disneyporn, ce parc qui rassemble tout ce que l'humain est capable de faire à ses semblables, la perversité qu'il sait développer afin de distraire... quant à mon autre nouvelle, il y a une allusion au film American Psycho de Mary Harron et aussi en constatant que certains fans « hardcore » sont prêts à tout pour atteindre les membres du groupe, quitte à coucher... et puis ça permet de parler d'un truc assez glauque qui est le GHB utilisé à ces fins-là, c'est ça aussi le roman noir, c'est parler de faits de société.

Bernadette Stalder :Indochine a certainement été le point de départ et j'ai plongé dans les reportages, les interviews... du groupe. J'ai voulu me mettre dans leurs peaux (si cela est possible rires).

Emotional-Retard :Alors oui en toute logique, les chansons d'Indochine ont été ma source d'inspiration pour ma nouvelle, mais également mon propre vécu, même si je réalise une fois la nouvelle terminée que ce n'est pas forcément un bon point car mes amis me reconnaissent dans mon personnage. Mais en définitive j'étais assez contente du résultat alors je n'ai pas eu envie de modifier l'histoire juste pour que cette jeune fille me ressemble moins. J'écris « comme ça me vient », je ne réfléchis pas vraiment à ce que je dis, c'est très instinctif alors si je me mets à relire et à modifier des centaines de fois, ça n'aurait plus aucun sens à la fin.
Ah oui et je vais rajouter aussi que j'ai écrit une partie de ma nouvelle pendant un voyage en avion cet été ce qui m'a aussi sans doute influencée, comme la plupart des choses que je vis ou vois d'ailleurs.

Sakuiya : Certains éléments font partie de ce qui m'entoure, mon environnement, c'est évident. Mais l'idée m'est venue en voyant ma nièce que je suis en train de rendre fan d'Indo, l'idée de les associer. Donc oui il n'y a que Indochine qui m'a inspiré grâce aux liens.

Amandine D. : Pratiquement que.
Les textes surtout. Les personnes en elles mêmes ne m'ont inspiré que rarement. Il y a aussi Amélie Nothomb, évidemment. Je ne pourrais pas ne pas la citer. Mais ça vient un peu de partout, de ce que je sens, ressens, de ce que j'écoute et des personnes que je rencontre.

Appelle-moi June : Indochine inspire chacun des mots de ma nouvelle de A à Z , mais je me suis aussi beaucoup inspirée de tout ce que je pouvais lire sur les forums ou bien même sur Myspace.

Sabrina Serra : Pour ma part, c'est uniquement Indochine qui m'a inspirée pendant l'écriture de mes textes.

Christine Casuso : Pour moi, Indo n'est pas le moteur de mon imagination. Je me suis juste amusée à écrire cette histoire en plongeant Nicola dans une situation surréaliste et en immergeant le groupe dans mon univers fantomatique.

Stef : En ce qui me concerne, c'est Paolo Coelho, que j'adore, mais Indochine avant tout m'a inspirée, leurs textes, leurs musiques...

Drugstar : Pour moi c'est 80% Indochine, 20% le reste du monde. L'idée de mon écriture m'est venue après avoir vu une vidéo sur le net ou l'on voyait un sosie du chanteur de Tokio Hotel (rire) et je me suis dis que pourquoi pas chez Indo ? Et puis tout le long de l'écriture je me suis enfermée dans une bulle 100% Indo

--> Comment avez-vous trouvé le titre du livre ?

Junoli : Ce titre est un de mes anciens recueils de mes premiers textes. Je me souviens que j'y ai beaucoup travaillé. Fan est un grand mot, passion qualifie mieux ce que nous éprouvons pour eux. Indochine, il faut bien le comprendre, n'est pas qu'un seul pur groupe de rock, tel qu'on nous le fait croire, mais bien plus. Alors, j'en ai profité pour mettre Passion, pour bien faire assimiler qu'Indochine, c'est grand, c'est puissant voire éternel. Mais attention, je n'ai pas dit que ce sont des Dieux, bien au contraire (heureusement) !

Nadine Crow : C'est Junoli qui l'a trouvé, enfin offert pour cette cause. J'aime bien, ça fait bouquin qu'on jugerait sérieux et scolaire, genre histoire de l'art mais en fait le contenu est décalé, déjanté.

Bernadette Stalder :En fait, le titre était déjà trouvé quand on m'a proposé de rejoindre les auteurs. Ce titre est tout à fait en adéquation avec le projet.

Sakuiya : Moi je l'ai trouvé super. Le titre joue avec les mots, un peu comme Nicola le fait dans ses chansons. Junoli ne pouvait vraiment pas trouver mieux (bravo).

Sabrina Serra :Comme l'a dit Sakuiya, Junoli ne pouvait pas trouver mieux comme titre, il résume tout.

--> Pensez vous que ce livre peut toucher d'autres personnes que les seuls fans d'Indochine ? Ou bien faut-il vraiment être dans cet univers pour comprendre les textes ?

Junoli : J'espere que ce recueil touchera, bien évidemment, les fans d'indochine, mais aussi hors fans. Bien sur, oui. Un recueil est écrit pour tout le monde, cela peut faire réfléchir quelques journalistes, des personnes qui jugent Indochine, ou d'autres groupes, de façon intolérante et irrespectueuse. Pourquoi pas oui ! Je pense qu'en étant fan d'Indochine, on peut facilement comprendre nos émotions, sentiments, à travers eux. Mais je pense aussi que, être tout simplement fan, de n'importe quel artiste, on peut comprendre cela.

Nadine Crow : On l'espère de tout c½ur même si à la base c'est ciblé, faut bien le dire... Ce qui pourrait séduire les non-fans d'Indochine, c'est la manière qu'on a d'écrire. Après, pour comprendre certains trucs oui, quand c'est inspiré d'une chanson... ça aide à mieux apprécier. Mais ce n'est pas une obligation. Parce que nous avons tenté de mêler Indochine à nos univers. Nous avons écrit sur le groupe et non pas pour le groupe. Avons tenté de garder notre personnalité. Et c'est ça qui pourrait séduire les lecteurs.

Bernadette Stalder : Oh ! Je pense fortement que oui puisque tous les genres d'écritures sont représentés. Il y en a donc pour tout le monde, fans d'Indo ou non.

Emotional-Retard : Même si ce livre est effectivement à la base pour les fans d'Indochine, je suis persuadée que des personnes "non fan" peuvent apprécier ce livre, pour les histoires en elles-mêmes, et la façon dont chacun à écrit (comme l'a déjà dit Nadine). Et en plus il n'y a pas de gros détails dans les textes qui pourraient faire que quelqu'un ne connaissant pas le groupe ne puisse pas comprendre le texte.

Sakuiya : Bien sûr le livre peut intéresser tout le monde, évidemment il y a des références que les "non-fans" ne pourront comprendre, mais c'est normal on a écrit sur Indochine. Mais j'ai des exemples de personnes n'appréciant pas forcément le groupe qui ont trouvé les histoires vraiment bien. Donc ça ne veut absolument rien dire.

Amandine D. : Certains fans n'aimeront pas, car certains passages de toutes les nouvelles sont un peu "crus". Mais des non fans pourront apprécier, même sans être dans le trip Indochinois ;) . Du moins, je l'espère...

Appelle-moi June : Evidement ! Même si les fans d'Indochine on des "clés" pour mieux comprendre et ressentir les textes, je pense que les sentiments qui sont mis en valeurs sont en quelque sorte "universels" et que chacun peut être touché.

Sabrina Serra : Tout a été dit alors je ne sais pas quoi rajouter (rire). Je suis exactement du même avis.

Christine Casuso : Il est vrai que c'est ciblé, et qu'il est plus facile de connaître l'univers d'Indochine pour comprendre certaines subtilités puisque des noms de chansons ou des faits et paroles prononcés par le groupe y sont inscrit. Mais je pense qu'une personne qui ne connaît pas Indochine peut le lire sans être perdu. Chaque texte est une histoire de fiction, le lecteur ne sera pas plus dérouté que lorsqu'il lit un recueil de nouvelles classique.

Stef : Oui, j'espère ! C'est l'objectif aussi ! De ne pas toucher uniquement les fans, mais un autre public aussi ! Et pour le peu de personnes qui ne connaissent pas encore Indochine !

Drugstar : Bien sûr ! Je pense que tout le monde a été fan d'un artiste dans sa vie. Et donc on peu comprendre le sentiment qui anime nos personnages. Et puis vu que tous les styles d'écritures différents on ne peut que trouver son bonheur (rire)

--> Ce projet est original mais aussi un peu osé. N'aviez vous pas peur à un moment de l'accueil des lecteurs ?

Junoli : Non ! Osé ? Je trouve le mot un peu fort... Il était temps de faire une sorte d'hommage à Indochine. Ils le méritent pleinement. L'album Alice & June est un album pour les fans, alors pourquoi ne rien faire pour eux ? L'écriture est une grande passion pour Nicola, le son pour Oli, l'univers britanique pour Boris, Marco pour les basses, Francois pour les percussions, Matu pour le clavier . Je trouve que c'est important de faire ce genre d'idées ! Nous sommes toutes ouvertes pour l'accueil d'autrui, mais tout en restant tolérant et respectueux, bien évidemment !

Nadine Crow : Ah ben le mec qu'a un balai coincé où j'pense, ouais il va s'offusquer... Enfin sur certains trucs évidents comme l'homosexualité, ce qui devrait être accepté depuis un bon moment... Enfin bref... Après pour mon style, ça attaque direct, c'est incisif voire acide parfois... et ça, ça passe ou ça casse, j'y peux rien, j'vais pas baisser mon froc et écrire des trucs « rose bonbon » pour faire plaisir à certains.

Bernadette Stalder : Peur ? Mais non voyons ! Il y a des écrits forts et des écrits doux... c'est mon cas (rires). Je suis incapable d'écrire des trucs violents, mais encore une fois il y en a pour tout le monde. D'ailleurs j'ai reçu des témoignages de personnes sensibles à la douceur de mon style... donc !

Emotional-Retard : Original, oui. Osé je trouve aussi que le mot est fort. Je pense que nous avons tout simplement fait, écrit ce que nous aimions, ce que nous voulions et comme nous le voulions. Et le tout pour rendre hommage à ce groupe que nous adorons tous alors que demander de plus !

Sakuiya : C'est vrai que Nadine était vraiment stressée avant la sortie. Mais pas par le fait que les gens n'accepteraient pas évidement, mais c'est un peu comme un bébé qui découvre la vie. Il est lâché. Ce qui est sûr c'est que le stress ne venait pas du fait de savoir ce qu'allaient penser les autres, parce qu'on a le droit de penser ce qu'on veut, comme on a le droit de s'habiller comme on veut.
"Si dans la rue, on te regarde et que l'on te critique sur tes cheveux, ta façon de t'habiller...dis leur, que ce sont des PERVERS" Nicola.

Amandine D. : Osé ?? (explose de rire)
Non, non ! J'avoue quand même que j'ai écrit un passage un peu chaud, mais sinon, c'est loin du scénario d'un film pornographique, je vous assure !!
Je reprends ce que dit Sakuiya, Nadine était vraiment stressée les jours qui précédaient la sortie, c'était assez comique de la voir se poser des milliers de questions, qui étaient (malheureusement) fondées...

Appelle-moi June : De toute façon, il y aura toujours des personnes pour critiquer les bonnes choses !!

Sabrina Serra : Je pense que c'est tout à fait normal d'avoir eu un certain stress lors de la sortie du livre... Pas forcément par peur que les gens n'aiment pas comme l'a très bien dit Sakuiya mais parce que ça fait toujours bizarre de se dire que nos écrits qui étaient jusqu'à présent seulement connus par nous mêmes pourront maintenant être lus par tous... C'est surtout cette invitation que l'on fait aux gens à rentrer dans notre univers qui est un peu stressante... Enfin pour moi en tout cas. Et en même temps c'est très plaisant bien sûr, c'est le principe d'un livre. (sourire)

Christine Casuso :C'est certain que tous les auteurs avaient la peur au ventre à la sortie. Mais les critiques étaient bonnes et contrairement à nos doutes le livre a été bien accueilli.

Stef :Non, pourquoi avoir peur ? Il n'y a aucune raison, malgré quelques passages un petit peu ... !

Drugstar : Après on aime ou on n'aime pas, je suis ouverte a toutes critiques bonnes ou mauvaises. Et puis moi j'ai écris d'abord pour me prouver que j'en étais capable, après c'est une histoire de goût.

--> Est-ce que vous avez déjà envisagé d'en envoyer un exemplaire aux membres d'Indochine ? Si oui, l'avez vous fait ?

Nadine Crow :Ils ont tout... Extraits, couverture, ½uvre intégrale... Le tout fourni par email, ils n'ont jamais répondu mais on n'est pas seules sur terre, ils ont du travail. Ils nous ont laissées le sortir, c'est déjà super et on ne les remerciera jamais assez.

Junoli :Bien sûr que oui ! J'espère qu'ils passeront du bon temps, à moins que le titre et la couverture leur déplaisent vraiment ! (rires)

Bernadette Stalder :Je suppose que oui, Nadine a certainement fait suivre (sourire). Je lui fais confiance.

Emotional-Retard :Bien évidemment, on espère tous qu'ils apprécieront. Et comme l'a dit Nadine, même si nous n'avons pas eu de réponse le fait qu'ils nous aient laissées publier ce livre c'est déjà génial !

Amandine D. :Oui je crois bien qu'ils en ont reçu un, mais même s'ils ne l'ont pas lu, ils nous ont laissées le publier, et ça, c'est franchement sympa !!

Appelle-moi June : Il est normal que les membres du groupe aient était mis au courant. Si je peux faire une petite confidence, j'espère que malgré tout leur travail, quelqu'un a eu (ou aura) quelques minutes pour le lire. Mais comme tout le monde dit, c'est déjà super cool qu'on ait pu publier le livre !

Sabrina Serra :Oui, c'est déjà super qu'ils nous aient laissées sortir le livre et on les remercie encore.

Christine Casuso :Avec Nadine nous nous sommes beaucoup concertées, nous sommes tombées d'accord sur le fait qu'Indo devait prendre connaissance du projet et de l'intégralité des textes. C'était important pour nous de savoir si Indo allait nous laisser sortir ce livre. Si Nicola ou un autre membre du groupe avait demandé le retrait du livre, nous l'aurions fait sans hésiter.

Drugstar :Je l'espère qu'ils l'ont reçu, et surtout qu'ils l'ont lu car un livre c'est fait pour être lu à l'origine, qu'on soit touché directement ou pas.

--> Y'aura-t'il une suite pour ce livre ? Avez-vous d'autres projets dans la même lignée ?

Nadine Crow :Ce ne sont pas les idées qui manquent mais... une grosse hésitation de ma part. Est-ce que ça ne va pas faire "cool j'ai trouvé un nouveau filon je l'exploite !" ?
A méditer...

Junoli :Je ne sais pas s'il y aura une suite, à l'heure actuelle, personne ne sait. Nous avons toutes eu de la chance d'avoir des fans qui ont voulu y participer, et de publier ce recueil. Mais je serais pour qu'il y ait une suite, of course !

Bernadette Stalder :En fait je ne sais pas mais si cela devait être je serais partante.

Emotional-Retard :Je suis du même avis que Nadine. Est-ce que ça ne ferait pas un peu répétition ? Mais d'un côté si des gens sont à nouveau partants et si des nouveaux rejoignent l'équipe je ne dirais peut être pas non.

Sakuiya :Au début c'est vrai que lorsqu'on est encore en train d'écrire on se dit oui ça serait génial de continuer, mais vous avez déjà mangé des frites réchauffées au micro-onde? C'est moins bon et appétissant. Bah j'ai peur que ça fasse pareil.

Amandine D. :Pareil que Nadine.
Mais si nous faisions un recueil avec d'autres personnes, même sur d'autres choses, ça serait génial...

Appelle-moi June : Je ne sais pas mais si c'est un autre projet, bien différent (car sinon comme le dit Nadine ça ferait un peu trop « lourd »), ça serait avec plaisir d'y participer ;)

Sabrina Serra :Je me pose également la même question, je ne sais pas si ça ne ferait pas trop excessif de faire un deuxième livre...Mais d'un autre côté j'aimerais beaucoup qu'on fasse une suite ! (sourire) Nous verrons bien.

Christine Casuso :Pour ma part, non. La première fois c'était innovant, inédit et l'aventure m'a beaucoup amusée. Mais exploiter Indo ne me plaît pas. Donc je ne renouvellerai pas le projet.

Drugstar :Moi je dis : « pourquoi pas » ! Et si cela ce fait, il y aura peut être même de nouveaux auteurs, qui sais.

# Posté le dimanche 16 mars 2008 12:49

Taguée par: http://adora3indochine.skyrock.com/

Règles à suivre :

1) mettre le lien de la personne qui vous tague
2) mettre le règlement du tag sur le blog
3) mentionner 6 choses/habitudes/tics sur vous-même
4) taguer six personnes à la fin de votre message en mettant les liens
5) avertir sur leur blog les personnes taguées

1. On dit de moi que je suis drôle, dérangeante, intelligente, franche, ne se cache pas derrière des manières à la con que la société nous apprend.
2. Mais ça se paye: trop franche...
3. Préfère les DVD à la télévision
4. Chaînes de télé préférées: France 2-3, France 5, Arte... et W9 pour Les Simpsons
5. Bisexuelle
6. Personnage de fiction préféré: Hannibal Lecter

je tague: http://crash-girl9-9-9.skyrock.com/
http://sur-la-colline-des-roses.skyrock.com/
http://rox-an3.skyrock.com/
http://illusion-defunte.skyrock.com/
http://stef2indo.skyrock.com/
http://tisam86.skyrock.com/


# Posté le mercredi 26 mars 2008 12:03

Désenchantée

Au pays des fées, celui où je vivais, j'étais détestée.
Au pays des hommes, certains m'adoraient. Je ne leur faisais pas peur.

Au pays des fées on m'évitait. J'étais gentille mais j'avais pour mère la Faucheuse. Elle m'avait fait plus belle et plus humaine qu'elle en apparence afin de ne plus effrayer les mourants. Je devais donc la remplacer et aller moi-même récupérer les âmes à l'agonie. Dans mon pays, cette tâche était si ingrate aux yeux des autres fées bienfaitrices qu'elles me lapidaient dès qu'elles me voyaient. J'étais le Mal, le mauvais augure. Je lisais parfois de la peur mêlée à de la haine dans leurs yeux. Mais ces pauvres fées ne savaient pas exactement quelle était ma mission et un jour, fatiguée de leur colère, je les convoquai toutes afin qu'elles prennent le temps de m'écouter au moins une fois.

Assises sur des étoiles, elles me regardaient attentivement. Je choisis de leur raconter ma dernière descente sur Terre.

« Mère m'avait envoyée dans un hôpital de France. Là-bas, me disait-elle, était couché dans un lit un petit garçon. Il avait réclamé sans cesse ma venue car cet être souffrait horriblement. Voyez-vous, il avait un cancer. Les médecins et ses parents s'entêtaient à vouloir le garder en vie parce que c'est ainsi, on ne laisse pas s'en aller les gens... Mère m'avait montré son visage d'ange et j'y suis donc allée, joyeuse à l'idée de faire une bonne action de plus.Je suis entrée dans le hall de l'hôpital, personne ne pouvait me voir à part les mourants. Ma robe blanche voletait autour de mon corps. J'entendais quelque part les pleurs intérieurs d'un enfant et sa complainte.

« Je veux partir, je vous en prie faites quelque chose... »

Les sanglots avaient repris. Mon intuition confirmait que ces pleurs étaient bien ceux de l'enfant que je devais visiter. Je décidai alors de me laisser guider par ceux-là afin de parvenir au plus vite à son chevet. Dans les couloirs j'ai croisé plusieurs accidentés graves à qui il ne restait plus longtemps à vivre. Tous avaient le même regard envieux et désespéré car je ne venais point pour eux. L'un de ces hommes a saisi une boucle blonde de mes cheveux en gémissant et m'a lancé un regard implorant. Mais ce n'était pas ma mission. Je lui ai adressé un regard compatissant et je me suis éloignée. J'ai continué à chercher cet enfant dans l'établissement, je suis arrivée à l'étage spécialisé. Sa chambre était toute au bout du couloir.
Lorsque j'y suis entrée, je l'ai trouvé assis en tailleur sur son lit défait. Ses parents étaient affalés sur des chaises et s'étaient assoupis. L'enfant les avait regardés avec douceur. Il était étrangement calme.
«- Bonjour..., avais-je murmuré d'une voix chantante.
Il s'était tourné vers moi et m'avait souri. Comme si je lui apportais un cadeau de Noël dont la valeur était inestimable à ses yeux. Ceux-ci se sont mis à briller d'une lueur d'espoir.
- Vous êtes venue me chercher ?
- Oui.
L'enfant avait pris un air songeur, tête baissée. Je m'étais assise à côté de lui. Puis il avait relevé la tête et m'avait dévisagée.
- C'est étrange, n'est-ce pas ?
- Qu'est-ce qui est étrange ?
- Toute ma vie j'ai eu peur de mourir et maintenant je m'en réjouis.
Je lui avais souri doucement tout en lui touchant la main.
- C'est parce que tu ne souffriras plus.
Des larmes avaient coulé sur ses joues.
- C'est vrai, je ne souffrirai plus jamais ?
- Tu peux me faire confiance.
- Alors que dois-je faire ?
- Te préparer. Tout simplement.
L'enfant sembla réfléchir quelques instants. Puis il s'allongea sur le dos tout en rabattant les couvertures sur son corps. Le petit être ferma les yeux, un sourire de soulagement se dessina sur ses lèvres tandis qu'il cherchait mes doigts.
- Et après ?
- Ne dis plus rien, ne pense plus à rien. Et cela se fera.
Il se tenait prêt. Je touchai son torse de ma main libre, une lueur dorée se mit à grandir au creux de ma main. Elle se refléta sur les visages de ses parents qui dormaient toujours et s'infiltra dans le corps du petit garçon qui se raidit, poussa un râle et retomba sur le matelas.
- Ca y est ? Questionna-t-il.
L'enfant se tenait debout à côté de moi. Il contemplait sa dépouille pensivement.
- Oui. Tu peux dire au revoir.
Le garçonnet alla déposer un baiser sur les joues de ses parents qui se réveillèrent au moment où retentissait le « bip » fatal. Il les vit se lever en catastrophe, se jeter sur son corps étendu, le secouer en pleurant, en hurlant.
- Je crois que cela ne nous concerne plus, avait-il déclaré calmement. »
Nous nous prîmes la main et nous éloignâmes de cette chambre qu'il ne voulait plus avoir à connaître.

Ainsi maintenant vous connaissez le but exact de mes missions... »

Je regardai l'assemblée qui venait de m'écouter. Toutes les fées réfléchissaient au discours que je venais de leur faire. L'une d'elles me dévisagea.
« - Donc vous achevez ceux qui en ont besoin ? Questionna-t-elle.
Je hochai la tête en souriant légèrement.
- Oui. C'est un service rendu à certains membres de l'humanité.
- Comment les choisissez-vous ?
- Je ne prends que ceux qui ont une grave maladie dont ils ne
sortiront pas et dont leurs semblables refusent la délivrance.
Les autres me regardèrent pensivement.
- Et que faites-vous des suicidaires ? Demanda une autre fée.
- Je les accompagne lorsque l'acte est déjà commencé.
Toutes se concertèrent en me laissant à l'écart. Je songeai à ce que je venais de dire lorsque je sentis au fond de moi que la Faucheuse me sollicitait à nouveau afin d'aller chercher une âme. Cette fois-ci c'était un jeune homme psychotique que son angoisse avait poussé à attenter à ses jours. Il venait de s'ouvrir les veines dans la salle de bain de sa chambre d'hôpital.
- Après concertation sur votre cas, vous méritez l'appellation de
fée, lui assura l'une d'elles.
J'approuvai du chef en guise de gratitude.
- Merci. Mais là je dois vous laisser, j'ai une âme à aller chercher. »
Elles me regardèrent entamer ma descente sur Terre. Je leur fis un signe en guise d'au revoir. Il fallait que je me hâte d'arriver, il n'allait pas m'attendre longtemps.

# Posté le lundi 21 avril 2008 07:38

STARLIGHT


Le soleil brillait sur cette prairie, quelque part en France. Douce France...

« We love to stay, we love to say... »

Le vent chaud faisait se coucher les brindilles d'herbe par vagues régulières. Armand marchait lentement, d'un pas mal assuré, vers le bord de la falaise, écouteurs enfoncés dans les oreilles. Une pénétration musicale. Toujours consentant lorsqu'il s'agissait de son groupe préféré ; Indochine. Ce groupe qui l'avait beaucoup aidé ces temps-ci.

Le jeune homme ressassait tout cela. Une chose douloureuse qu'on appelait le passé. Les démons et les fantômes qui n'attendaient qu'une chose ; ressurgir des tréfonds afin de l'agresser encore une fois.
En jetant un regard vers la vieille maison de la falaise, il crut apercevoir Oli grattant quelques accords de guitare sur Starlight, le morceau qu'il écoutait actuellement en boucle. Il se frotta les yeux. L'homme avait disparu. Pas étonnant d'avoir des visions pareilles, avec tous les barbituriques qu'il avait ingérés une heure avant... Quant à savoir s'il en avait pris assez, il l'ignorait, selon lui la dose avalée avait de quoi coucher un cheval.

Il pensait à cette chanson. Le monde d'ici était vraiment terminé. Toute cette haine de l'autre, cette religion qui revenait insidieusement, il ne voulait pas qu'on le force à croire ce qu'il refusait de voir. Il vivait dans cette société avec un handicap : il était homosexuel. Obligé de se cacher, de brouiller les pistes, tout le temps. La veille encore, ses parents avaient convoqué sa s½ur et l'avaient soumise à un interrogatoire à son sujet afin de savoir si sa sexualité était « normale »... il leur aurait bien ri au nez, il en avait envie maintenant qu'il était complètement pété. Il n'avait plus peur de rien désormais.

Un papillon voleta autour de son visage, il sourit. L'insecte s'éloigna doucement tandis qu'Armand continuait sa lente marche. La créature revint et se jeta sous sa chaussure. Le jeune homme manqua de l'écraser.

« Alors même si les papillons se suicident... », se dit-il.

Il n'avait prévenu personne de sa fugue. Il avait fait tout ce chemin en train jusqu'ici, cette falaise était tellement belle qu'il en était sûr, sa mort ne souillerait aucunement la beauté du lieu. Juste un peu de sang sur la roche foncée et voilà...
Son petit ami non plus n'était pas au courant. Roméo 1 se tua sans Roméo 2, quel gâchis...
Il n'avait plus sa place en ce monde, il ne pouvait plus rien sauver ici, ni même détester. Tout avait tellement été fait et presque refait. Le meilleur du pire, surtout.

« Demain ne sera jamais... »

Il arriva au bord de la falaise. Le panorama était vraiment joli. Il s'assit un instant sur une grosse pierre afin d'admirer cette vue magnifique. Devant lui se trouvait l'océan. Son avenir, tout aussi plat et mou. Sa vie défila devant ses yeux. La prison dorée qu'était la maison de ses parents. Il ne manquait de rien sauf d'une chose : exister. Il n'était rien, ils le lui avaient fait comprendre, parce qu'il n'était pas à leurs normes. Combien de fois s'était-il fait renier par eux, interdiction de parole, de contact verbal tant qu'il ne s'était pas excusé, à genoux et implorant, de ne pas penser comme eux et qu'il ne recommencerait jamais. Et obligation d'ingérer leur poison philosophique. Il ne devait rien remettre en cause. Une vraie emprise sectaire...

Il pensait que seule la mort lui permettrait de tuer le père et vivre enfin. Il y avait bien eu Indochine, leurs messages de tolérance, tout ça, ça l'avait un peu rééduqué en lui montrant qu'il avait raison et que eux avaient tort. Toute cette haine qu'il entendait presque quotidiennement, ces fantasmes d'extermination de peuples, de souhaits de mort envers ceux qui incarnaient la différence, dans la bouche de ses parents qu'il avait osé, à une époque, prendre en héros tout en sachant à peine marcher... Tout ça, Indochine lui avait démontré qu'il ne fallait pas. Surtout pas. Armand les avait écoutés, ils avaient été sa béquille, l'empêchant de sombrer. Il avait eu des projets d'avenir qui s'étaient éteints à petit feu. Une vie à deux avec son amour. Dépression, mon amie...

« Je regrette ce que j'ai fait, et tout ce que je ne t'ai pas fait... »

Il était vraiment nul à avoir raté sa vie. Il n'en était qu'à l'aube et il en voyait déjà la fin. Armand se leva, s'approcha du bord et jeta un regard en bas. Les vagues s'écrasaient contre la paroi de la falaise, bientôt remplacées par d'autres vagues. Cela l'envoûtait, il avait l'impression de s'en rapprocher peu à peu. Il perdit l'équilibre et sursauta, se jeta en arrière. Des cailloux se décrochèrent du rebord et plongèrent dans l'eau. Il ne sauterait pas. Pas tant qu'il ne l'avait pas pleinement décidé. Le jeune homme voulait juste se rendre compte de la hauteur. Il prit conscience qu'il avait un peu peur de ce qu'il s'apprêtait à faire, il n'avait pas pris la bonne dose de médicaments. Juste défoncé mais pas assez pour sauter sans réfléchir.
Il voulut méditer encore un instant. Même s'il n'allait pas y passer la nuit.

« J'aimerais quand même rester un peu là... »

La chanson continuait imperturbablement de se répéter dans ses oreilles. Il tourna le dos à la falaise un instant et vit Matu assis à son piano en train de jouer, au milieu de la prairie. Il s'évapora sans crier gare. Armand secoua la tête en fermant les yeux.
L'adolescent repensa aux raisons de sa fugue ; il était rentré chez lui la veille, sa mère attendait dans le salon, l'air mécontente. Il s'en était inquiété et elle lui avait répondu qu'il valait mieux pour lui qu'il ne tombe pas sur son père, ce dernier le soupçonnant d'être « un p'tit pédé » et que si c'était le cas, la cohabitation serait très difficile. Le jeune homme avait alors pris les devants, profitant du calme de la nuit pour faire ses affaires et se tirer de là. Et voilà que ce monde, de plus en plus violent, prenait le même chemin. C'était à en devenir fou.

« Je regrette d'y avoir cru comme si on avait su... »

Son destin ne tenait plus qu'à un fil. Allait-il l'abréger là ou se raviser au dernier instant ? Le doute l'assaillait à présent. Une autre hallucination l'assaillit ; Nicola, debout près de lui devant la falaise. Après que le mirage se fut dissipé, il repensa soudainement à ce que cet homme avait déclaré lors d'une interview.

« Il ne faut pas être un déserteur. »

Le contexte dans lequel il avait déclaré cela n'avait aucun rapport avec le drame qui allait survenir bientôt. Mais cette phrase pouvait s'y appliquer. Cela le fit réfléchir. Pourquoi pas devenir un homme, sous-entendu réussir socialement, le faire savoir et se venger de la sorte ?

« Se venger... », se dit-il avec un léger sourire.

Il venait de trouver mieux que le suicide. Soulagé, il contempla cet océan une dernière fois puis quitta les lieux.

« On restera, on restera... »

***

Pour Fabo

# Posté le lundi 28 avril 2008 15:45

Modifié le mardi 29 avril 2008 07:31

Pétition anti loi Hadopi

Pour la liberté !

Contre la riposte graduée

http://www.svmlemag.fr/petition_riposte_graduee

# Posté le mardi 27 mai 2008 02:47