Inspiration par la photographie

Inspiration par la photographie
Sur demande de Jozelon, artiste photographe entre autre, j'ai donc écrit une nouvelle.

Voilà d'abord les photos que j'ai choisies, visibles sur son myspace: http://www.myspace.com/jozelon


Voilà donc ce que ça a donné:



Le secret d'Alexandra





« Si l'on m'avait dit que ce jour-là je serais à fouiner dans une maison qui fait flipper plus qu'un film d'horreur, j'aurais répondu :

« Mouais... tu me prends pour qui là, hum ?! La chasse aux trésors j'ai passé l'âge...»

C'est là-dedans que j'ai trouvée cette pauvre fille, Alexandra. Ca puait tellement, je me demande encore comment elle a pu vivre dans cet endroit tout ce temps.
Vous prenez un rat crevé, vous le laissez macérer au soleil dans une boîte qui chauffe sous ses rayons et vous soulevez le couvercle trois jours après, ainsi vous savez ce qui m'est passé par la tête quand j'ai osé respirer par le nez une fois entrée dans cette maison.

C'est ainsi que je me suis embarquée dans une histoire de fous. Au début je me promenais tranquille à pieds sur la départementale d'un village lorrain, je venais de passer deux ou trois baraques assez louches dans leur genre, avec des mecs étranges à moitié fachos qui brandissaient leur fourche ou leur bâton vers moi, genre « à bas l'étrangère ! », ça me faisait doucement marrer. Je suis passée devant cette bâtisse super sombre, silencieuse. Puis il y eut un hurlement, le genre à vous faire froid dans le dos. Et le silence à nouveau.

Vous vous doutez que ça m'a quand même intriguée, cette histoire...

Je me suis donc approchée de cette maison qui commençait à m'angoisser, mais en même temps j'avais ce sale sentiment qu'on appelle « curiosité », celui qui fait de vous un voyeuriste.
Le silence régnait toujours sur cette maison et plus je m'en approchais et plus je me disais que j'allais faire la rencontre la plus glauque de toute ma vie. Je devais emprunter l'escalier pour accéder à l'intérieur car les fenêtres du bas étaient grillagée et condamnée. La mousse qui avait envahi les marches les rendait glissantes car il avait encore plu hier. Arrivée devant la porte, j'ai posé la main sur la poignée, elle était toute graisseuse et froide. Elle n'était pas verrouillée, juste un peu de mal à s'ouvrir car l'humidité l'avait fait gonfler. Je parvins à vaincre sa résistance à coups d'épaules. Et là, tel un démon éjecté de sa boîte, l'odeur insoutenable m'a sauté à la gueule. J'ai reculé, une main sur le nez. C'était à peine humain.

Et ce hurlement flippant a retenti à nouveau. Comme si cette personne devinait ma présence, peut-être était-elle planquée derrière la porte, armée d'une hache et prête à m'apprendre que la curiosité est un vilain défaut. Elle me couperait en morceaux pour se débarrasser de moi plus facilement ?

J'arrête... l'imagination fertile c'est comme la curiosité, c'est très mauvais...

J'ai jeté un ½il à l'intérieur. Un couloir au sol jonché d'ordures ménagères en état de décomposition plus ou moins avancée. J'essayais de me convaincre que cette odeur horrible venait uniquement de ces immondices mais pourquoi se mentir ? Dans le fond, rien de bien flippant à mater, soit j'arrêtais maintenant soit je continuais. Mais j'avais envie de voir à quoi ressemblait la personne qui hurlait quelque part dans cette maison sale.
Je suis entrée dans la cuisine aux volets fermés. Le jour filtrait assez par les trous pour que la pièce soit dans la pénombre, on y voyait assez. Je marchais dans les ordures, j'en avais plein les bottes. Sous la table gisait un berger allemand dont des vers lui rongeaient le flanc. Des mouches voletaient sur la nourriture en décomposition qui collait au plan de travail, près de l'évier.

J'ai alors pensé à une maison tenue par des vieux incapables de bouger, de se rendre compte. Ou déjà morts à l'heure où je découvrais ces lieux.
Le hurlement avait retenti une fois encore. Suivi de petits bruits de pas dans l'escalier. Légers, à peine perceptibles.

Je me tournais à temps pour voir un gros rat noir au poil hirsute dévaler les marches et sortir à l'extérieur sans même me prêter attention. Décidée à voir ce qui clochait ici, j'ai monté les marches une à une. Une lumière verte, irréelle, se projetait sur les murs de l'escalier. Personne ne semblait bouger là-haut. L'angoisse tenaillait mon estomac. L'odeur pestilentielle semblait gagner en intensité.

Ce fut alors que je la vis. Humaine ou monstrueuse, c'est à votre appréciation.

Elle était assise nue et jambes écartées sur le parquet d'une chambre face à l'escalier. Le couloir qui y menait était souillé de taches sombres s'étalant du sol au plafond, sans doute du sang. Une hache tachée de ce même liquide était plantée dans un encadrement de porte. Il y avait même des cheveux collés dessus.
Cette fille chantonnait une comptine en tripotant une boucle de ses cheveux. Elle s'interrompait pour ronger quelque chose, mâchonnait et reprenait son chant. Lorsqu'elle me vit elle se redressa à genoux en faisant preuve d'une étonnante souplesse, a jeté ce qu'elle rongeait et a ramené un objet vers elle, l'a serré sur sa poitrine. En forçant le regard j'ai constaté que c'était un crâne humain. Et ce qu'elle avait jeté, un tibia.

Malgré cette scène terrible, la jeune fille semblait inoffensive, emplie de douceur. Sans doute la même qui avait gagnée la confiance de ses victimes...

Méfiante, je regardai autour de moi. Il y avait des feuilles scotchées aux murs, il était facile de deviner que la personne qui avait écrit dessus avait utilisé du sang.

« Lettre d'adieu, »

Je jetai un ½il sur la feuille suivante.

« J'ai tué mes parents, j'ai le droit même s'ils ont supplié de les laisser en vie... »

Un frisson d'effroi parcourut mon échine. Je jetai un ½il sur cette étrange fille cannibale qui venait de lâcher un rot. Quelle horreur...
« Ils ont tué des gens eux aussi, y'a longtemps. Ils ont dit que c'était bien. Alors pourquoi pas moi ? »

Elle s'est levée, je l'ai entendue traîner des pieds.

« Ce soir je me tuerai », disait le dernier papier.

J'ai pris mes jambes à mon cou, je me suis enfuie. »


« Vous êtes sûre qu'il y avait une autre personne avec vous ? »

Cette question avait coupé net mon souvenir. Le silence s'installa dans le bureau que des policiers avaient réservé au psychiatre. Je regardai mes ongles souillés par le sang, couleur rouille. Quelques auréoles roses sur mes mains. La rage m'envahit.

« Répondez. », ordonna-t-il.

Il feuilletait mon dossier médical, lisait mes antécédents familiaux. Maltraitance, viols à répétition, inceste, amis imaginaires... et à l'adolescence, dédoublement de personnalité. A ce qu'il paraît...

Je soupirai.

« Oui, elle était là, par terre, vous retenez rien de ce que j'vous dis ou quoi ?! Merde ! »

Il se crispa, je souris de satisfaction.

« Alexandra... vous souffrez d'un dédoublement de personnalité. »

Je soupirai fortement.

« Connerie, oui... Alexandra c'est cette fille que j'ai vue, maltraitée, humiliée, tout le tralala... elle me ressemble pas... »

J'éclatai de rire. Le psychiatre soupira.

Les corps de mes parents avaient été retrouvés dans un placard, décapités et démembrés. Dévorés.

Un policier m'embarqua et me jeta en cellule. Quelle place avais-je aux yeux de la justice, quelle considération ? Serais-je condamnée à perpétuité, en cage où l'on m'observerait ou irais-je moisir en hôpital psychiatrique sur le bon vouloir de cet expert qui venait de me parler ?

En attendant et n'ayant rien pour attenter à mes jours, je me contenterais de vivre, affalée sur ma couchette.
Je fermai les yeux et me laissai aller à la rêverie. La digestion sera lente et pénible.





# Posté le mercredi 02 janvier 2008 15:39

Ma première interview !

Est en préparation...

News bientôt :)

# Posté le dimanche 06 janvier 2008 12:29

La la la la la...

Je me suis retrouvée au second rang au début du concert, je ne sais comment.

L'homme là-haut sur la scène marche lentement et détaille nos visages.

Je ne suis pas spécialement belle, je n'entre pas dans les critères de beauté actuels. Mais j'ai une qualité: le silence.

Je me contente de le regarder. Cet homme mystérieux, sexuel, ténébreux.

Nos regards se croisent, le temps se suspend . Dix secondes n'en font qu'une seule en réalité. Il plonge son regard dans le mien, me pénètre visuellement. Il se passe quelque chose qu'il me transmet, un mélange étrange de tendresse, d'humilité, le reste je ne sais pas, sa recette semble jalousement gardée. Son doigt qui se recourbe.... viens, toi oui, viens... voilà ce qu'il semble me dire.

Je me suis faite repérer par deux filles jalouses de cet échange qu'elles n'ont pas eu. Frustrées, elles se précipitent sur moi et prennent la liberté de décider à la place de deux adultes consentants si mon droit de monter rejoindre cet homme est légitime.

Visiblement non, puisqu'elles m'arrachent les mains de la barrière et me rejettent au loin. Elles n'ont pas plus de quinze ans et ne respectent plus rien ni personne. Elles veulent Nicola, tueraient père et mère pour cela.

Effarée par ce manque de respect, je tente de m'expliquer avec elles, rien n'y fait. je tente de récupérer ma place, je me fais engueuler. Je retente l'explication, l'une d'elles me rit au nez, regard condescendant. Ma main part et l'atteint au visage en une gifle. Cela me surprend moi-même. Je ne pensais pas en être capable.

Je quitte la salle, dégoûtée. D'elles. De moi.


*Texte fictif mais empreint de vérité*

# Posté le lundi 21 janvier 2008 11:14

Modifié le lundi 21 janvier 2008 11:31

FORUM OUVERT

http://nadine.crow.sphere.xooit.fr/index.php

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# Posté le mercredi 23 janvier 2008 12:07

Modifié le jeudi 24 janvier 2008 00:43

L'interview bientôt en ligne !

Sans doute ce soir =)
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# Posté le jeudi 13 mars 2008 13:01