Une petite fille perdue
C'est l'histoire d'une petite fille perdue qui a trouvé le chemin de l'Indochine. Son Indochine à elle.
Une petite fille dans un corps de femme, Wendy ne voulait absolument pas grandir. Un être qui pestait à chaque date d'anniversaire car le temps passait inexorablement. Ce que ses parents ne comprenaient pas.
« Mais Line, tu n'as que seize ans, tu es trop jeune pour bouder ton anniversaire ! », s'indignait sa mère chaque année, lorsqu'elle posait le gâteau devant son assiette.
Il paraît qu'un âge c'est subjectif et que ça ne veut rien dire. Chose que Line réfutait violement car pour elle le temps passait trop vite. Bien trop vite. Elle allait devenir une femme alors qu'elle restait une enfant dans sa tête. Une enfant paumée. Mais la faute à qui ?
Il y avait bien les informations de son état civil qu'elle connaissait par c½ur mais ça l'avançait à quoi ? Allait-on lui dire à la mairie pourquoi elle se sentait à la fois garçon dans un corps de fille, lesbienne, étrangère à elle-même ? Pourquoi elle voulait tant que ça posséder un pénis ? Pourquoi elle plaquait sa poitrine contre son corps avec des bandages ? Est-ce qu'un jour le nombre de cicatrices sur ses avant- bras arrêterait d'augmenter ? Non, ça on le lui répondrait pas et on la regarderait avec de gros yeux ... elle aurait pu en parler à ses parents mais après avoir entendu de leur bouche « Tu nous fais honte ! Vas t'en ! », ils l'auraient jetée dans le cabinet d'un psychiatre pour déviance.
De toute façon, elle n'avait pas droit à la parole. Toute opinion ou sentiment était sévèrement puni par l'humiliation. Alors pourquoi prendre le risque de se mettre à nu devant ses dictateurs?
Toutes ces questions n'étaient pas là par hasard, ça lui permettait de ne pas penser à la honte qu'elle avait d'elle-même. De ne pas mériter de vivre. Elle traînait son malaise et l'amena bientôt aux frontières de l'Indochine.
Sa meilleure amie lui offrit deux CDS gravés où figuraient tous les albums de ce groupe qui lui était encore inconnu ainsi que quelques concerts pirates de qualité acceptable. Elle n'écouta que les albums pendant un long moment pour se familiariser avec cette musique avant de découvrir les versions live. Ses parents se moquaient d'elle et de ce groupe.
«T'écoutes de la musique de tapettes maintenant ?! Tu devrais arrêter tu vas l'être aussi...»
Elle avait envie de leur cracher à la figure mais l'idée de réaliser un tel acte la terrifiait. Alors elle souffrait sans mot dire, se scarifiait à volonté pour évacuer cette tension intérieure afin qu'elle ne s'échappe pas dans un hurlement infini. Car il fallait porter sa croix en silence dans cette maison, ne pas faire de vagues sous peine de recevoir des coups.
Line se sentait de mieux en mieux en écoutant Indochine, elle avait le sentiment qu'enfin quelqu'un pouvait la comprendre, pénétrer son âme comme personne ne l'avait jamais fait auparavant. Mieux qu'un psy, ce Nicola... rassurant car unisexe, ce mec. Du moins elle le ressentait comme cela car un homme autant capable de se mettre à la place d'une femme, ça ne courait pas les rues.
La jeune fille se mit à écouter les live. Elle entendit le chanteur déclarer « Soyez fiers de vous ! » avant de se remettre à chanter. Il fallait donc qu'elle soit fière d'elle ? Cela la fit souffrir un moment car Line ne pensait pas pouvoir y arriver.
Un beau matin, tout fut bien plus clair. Elle prit conscience qu'Indochine était un pays où l'on pouvait se sentir aimé qui que l'on soit, que cet amour était inconditionnel. L'adolescente pouvait s'assumer sans risques.
Line se mit à sourire dans son lit. L'heure de la délivrance avait sonnée.
C'est l'histoire d'une petite fille perdue qui a trouvé le chemin de l'Indochine. Son Indochine à elle.
Une petite fille dans un corps de femme, Wendy ne voulait absolument pas grandir. Un être qui pestait à chaque date d'anniversaire car le temps passait inexorablement. Ce que ses parents ne comprenaient pas.
« Mais Line, tu n'as que seize ans, tu es trop jeune pour bouder ton anniversaire ! », s'indignait sa mère chaque année, lorsqu'elle posait le gâteau devant son assiette.
Il paraît qu'un âge c'est subjectif et que ça ne veut rien dire. Chose que Line réfutait violement car pour elle le temps passait trop vite. Bien trop vite. Elle allait devenir une femme alors qu'elle restait une enfant dans sa tête. Une enfant paumée. Mais la faute à qui ?
Il y avait bien les informations de son état civil qu'elle connaissait par c½ur mais ça l'avançait à quoi ? Allait-on lui dire à la mairie pourquoi elle se sentait à la fois garçon dans un corps de fille, lesbienne, étrangère à elle-même ? Pourquoi elle voulait tant que ça posséder un pénis ? Pourquoi elle plaquait sa poitrine contre son corps avec des bandages ? Est-ce qu'un jour le nombre de cicatrices sur ses avant- bras arrêterait d'augmenter ? Non, ça on le lui répondrait pas et on la regarderait avec de gros yeux ... elle aurait pu en parler à ses parents mais après avoir entendu de leur bouche « Tu nous fais honte ! Vas t'en ! », ils l'auraient jetée dans le cabinet d'un psychiatre pour déviance.
De toute façon, elle n'avait pas droit à la parole. Toute opinion ou sentiment était sévèrement puni par l'humiliation. Alors pourquoi prendre le risque de se mettre à nu devant ses dictateurs?
Toutes ces questions n'étaient pas là par hasard, ça lui permettait de ne pas penser à la honte qu'elle avait d'elle-même. De ne pas mériter de vivre. Elle traînait son malaise et l'amena bientôt aux frontières de l'Indochine.
Sa meilleure amie lui offrit deux CDS gravés où figuraient tous les albums de ce groupe qui lui était encore inconnu ainsi que quelques concerts pirates de qualité acceptable. Elle n'écouta que les albums pendant un long moment pour se familiariser avec cette musique avant de découvrir les versions live. Ses parents se moquaient d'elle et de ce groupe.
«T'écoutes de la musique de tapettes maintenant ?! Tu devrais arrêter tu vas l'être aussi...»
Elle avait envie de leur cracher à la figure mais l'idée de réaliser un tel acte la terrifiait. Alors elle souffrait sans mot dire, se scarifiait à volonté pour évacuer cette tension intérieure afin qu'elle ne s'échappe pas dans un hurlement infini. Car il fallait porter sa croix en silence dans cette maison, ne pas faire de vagues sous peine de recevoir des coups.
Line se sentait de mieux en mieux en écoutant Indochine, elle avait le sentiment qu'enfin quelqu'un pouvait la comprendre, pénétrer son âme comme personne ne l'avait jamais fait auparavant. Mieux qu'un psy, ce Nicola... rassurant car unisexe, ce mec. Du moins elle le ressentait comme cela car un homme autant capable de se mettre à la place d'une femme, ça ne courait pas les rues.
La jeune fille se mit à écouter les live. Elle entendit le chanteur déclarer « Soyez fiers de vous ! » avant de se remettre à chanter. Il fallait donc qu'elle soit fière d'elle ? Cela la fit souffrir un moment car Line ne pensait pas pouvoir y arriver.
Un beau matin, tout fut bien plus clair. Elle prit conscience qu'Indochine était un pays où l'on pouvait se sentir aimé qui que l'on soit, que cet amour était inconditionnel. L'adolescente pouvait s'assumer sans risques.
Line se mit à sourire dans son lit. L'heure de la délivrance avait sonnée.